Comment la neutralité corporelle m'a aidée quand j'en avais le plus besoin
Brynta Ponnuthurai est une écrivaine et créatrice dont le parcours d'amour de soi rayonne à travers tout ce qu'elle fait (même TikTok)! Vous pourrez voir Brynta à la toute première Bod Con, qui aura lieu le dimanche 21 février. Elle se joindra à Kristina Zias et Raeann Langas du Confident Collective Podcast pour parler d'amitié et de confiance corporelle. Découvrez le reste de cette programmation passionnante et procurez-vous vos billets ici. Nous avons hâte de vous y voir!
Je repense souvent à ce jour. Le jour où un vêtement m'a fait sentir que je n'étais pas digne de m'aimer. Je me souviens des pleurs hystériques et des vêtements que je lançais dans ma chambre d'adolescente. J'avais 16 ans et un jean blanc, qui était à la mode à l'époque, m'avait rendue inconsolable. Je refusais de quitter ma chambre, et encore moins ma maison. Puis, les yeux remplis de larmes, je me souviens d'avoir regardé ma mère, qui ne connaissait pas ce rôle parental et qui était impuissante face à l'esprit tourmenté de sa propre fille, alors que je posais la question que de jeunes filles du monde entier, aux prises avec leur image corporelle, posent depuis des années :
Pourquoi ça ne me va pas?
En y repensant, je suis contente de ne pas avoir pu porter ce pantalon blanc ce jour-là (pas pour une autre raison que le fait qu'il s'agissait d'un pantalon blanc – il n’y a rien à ajouter). En vérité, ces quelques mots ont continué à me hanter tout au long de ma vie. Ils étaient avec moi lorsque l'on m'offrait des vêtements qui n'étaient pas de la bonne taille. Ils étaient avec moi lorsque j'ai essayé pour la première fois le pantalon de survêtement de mon fiancé, au début de notre relation, et qu'il ne passait pas mes hanches. Ironiquement, ils n'étaient pas avec moi lorsque je suis allée acheter une autre tenue blanche qui allait avoir un impact significatif sur ma vie — ma robe de mariée.
Jusqu'à ce jour, j'ai eu du mal à comprendre que mon corps était digne de respect, j'ai eu du mal à en voir la valeur et j'avais peu d'énergie en moi pour lui accorder une quelconque positivité. Mais ce fut le jour qui a tout changé. Le jour qui m'a fait passer de « Je dois avoir une image corporelle positive » à « J'existe et c'est suffisant. Je suis suffisante ». C'est là que mon besoin de m'intégrer à la communauté body positive a cédé la place à l'aube d'une nouvelle ère de ma relation avec mon corps, une ère plus neutre.
Alors, quelle est la différence exacte entre la positivité corporelle et la neutralité corporelle?
Si la positivité corporelle et la neutralité corporelle englobent toutes deux un changement dans notre relation à notre corps, la positivité corporelle est, eh bien, tout simplement plus positive. Elle prône l'acceptation des corps marginalisés dans la société, quelles que soient les capacités physiques, la taille, le sexe ou la race. C'est la conviction que tout le monde mérite de se sentir bien dans son corps et elle met la société au défi d'accepter tout le monde tout en essayant de faire taire la longue tradition de promotion de normes corporelles malsaines et irréalistes.
Brynta porte la brassière à enfiler LuxeLift et le short Dream
Cependant, si la positivité corporelle peut souligner le fait que toutes les personnes méritent d'avoir une image corporelle positive, et même si cela peut sembler un outil puissant dans le mouvement social vers la reconnaissance et le respect de tous les corps — pour certains, cela peut sembler impraticable. Ce fut certainement le cas pour moi. Passer d'un dégoût de mon corps qui a duré toute ma vie à une vision soudainement positive de celui-ci semblait désespérément hors de portée. Parfois, cela ne faisait qu'alimenter la haine et la frustration que j'utilisais pour cibler mon corps comme indésirable. La plupart du temps, j'essayais de simuler des affirmations positives et radieuses jusqu'à ce que je croie vraiment ce que je disais, mais cet élan était difficile à maintenir les jours où je ne possédais tout simplement pas la vigueur de me dire ce que je voulais croire.
J'avais besoin d'un espace pour observer mon corps sans jugement, mais aussi sans positivité forcée. Après tout, chaque jour avec notre corps est différent — surtout pour celles d'entre nous qui se remettent de troubles alimentaires ou de batailles avec notre santé mentale.
Le concept de neutralité corporelle m'a donné l'occasion de laisser mes sentiments concernant mon corps au repos alors que je continuais à poursuivre une nouvelle relation avec mon corps. Une nouvelle relation fondée sur le respect et la gratitude, et une relation qui me donnait la permission de ne pas penser à l'apparence de mon corps du tout certains jours.
« Être neutre vis-à-vis de mon corps m'a donné l'occasion de poursuivre une nouvelle relation avec mon corps, fondée sur le respect et la gratitude »
À la base, la neutralité corporelle est l'idée que vous pouvez exister sans vous soucier de votre corps. Pour moi, cette découverte a été particulièrement utile à un moment où j'étais prête à cesser de haïr mon corps chaque jour. C'est un juste milieu, un environnement neutre — la Suisse de la communauté des corps marginalisés, si vous voulez ; et le jour où j'ai décidé de mettre enfin mes sentiments à l'égard de mon corps de côté, ce fut ma sauveuse qui m'a permis de vivre une expérience unique.
Il est vrai que je ne suis pas entrée dans la boutique de mariage ce jour-là en détestant absolument mon corps, mais je n'en étais pas non plus complètement amoureuse. Pendant des mois, j'avais repoussé le délai d'achat de ma robe de mariée le plus loin possible. « Je n'ai pas encore la bonne taille », disais-je aux gens. Mais la semaine du rendez-vous, j'ai fermement décidé qu'il n'y avait pas de bonne taille, que le terme était subjectif et que je pouvais choisir d'exister et de vivre des choses normales, comme l'achat d'une robe de mariée, sans la pression d'aimer mon corps.
Ce jour-là, je me suis souvenue que j'étais une humaine. J'ai essayé de ne pas m'obséder à savoir si quelque chose allait me convenir ou si mon ventre ressortait. Je me suis plus souciée du type de dentelle de la robe que de savoir si mes bras étaient visibles ou non ; et, pour la première fois de ma vie, j'ai laissé mes jugements sur mon corps à la maison. J'ai refusé de céder à toute pensée que j'avais sur mon corps, qu'elle soit mauvaise ou bonne.

Il en a résulté une journée où je me suis vraiment sentie libre de prendre ma place sans avoir besoin de me préoccuper de ce que j'aurais voulu changer dans mon apparence physique. Et finalement, j'ai pu ramener ces sentiments de neutralité à la maison, où j'ai pu éventuellement les transformer en une relation axée sur un profond respect et une perspective positive croissante de mon corps.
Alors, où en suis-je maintenant? Chaque jour n'est pas parfait et ce n'est pas grave. Avec tout ce que j'ai appris, je ne crois plus qu'il existe des relations « parfaites » avec notre corps. Nous sommes humains après tout. Ce que je sais, c'est que la meilleure chose que j'aie jamais faite pour dépasser la haine que j'avais pour mon corps n'a pas été d'essayer d'être positive tout le temps. Au lieu de cela, tout ce que j'ai eu à faire a été de séparer ma valeur des opinions des autres, et de réaliser que ce que je ressens à propos de moi-même peut n'avoir rien à voir avec mon apparence.
Au bout du compte, je sais que j'ai fait beaucoup de chemin depuis l'adolescente de 16 ans qui s'effondrait à la moindre indication de l'incapacité de son corps à se conformer aux standards de beauté idéalistes. J'ai aussi fait beaucoup de chemin en ce qui concerne la façon dont je définis ma relation avec mon corps. J'avais l'habitude de penser que la positivité corporelle signifiait aimer son corps, chaque jour, de toutes les manières, pour toujours. Il s'avère que le mouvement met simplement l'accent sur le fait que chacun mérite l'occasion de se sentir bien dans son apparence, peu importe ce que le monde considère comme beau, et pour moi, c'est quelque chose qui vaut la peine d'être soutenu.
Brynta porte la brassière WingWoman et la culotte taille haute anti-fuites de couleur Nude 4
Nos parcours avec notre corps seront tous différents, mais au bout du compte, nous méritons tous de profiter de notre expérience dans les corps qui nous ont été donnés, sans jugement ni appréhension quant à savoir si nous sommes assez bien pour le faire.
Ces jours-ci, je ne crois plus que c'est mon rôle de demander pourquoi la société a créé un monde où moi, et d'autres personnes aux corps marginalisés, ne correspondons pas à leurs idéaux de beauté. J'ai plutôt décidé de créer un espace pour que nous puissions tous prospérer tels que nous sommes et nous sentir beaux, que le monde nous ait taillé une place ou non.
