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Ce qu'il faut pour être un allié trans, selon Jamie Pandit

Je m’appelle Jamie, je suis une créatrice de contenu canadienne d’origine sud-asiatique et une femme transgenre. Je crée du contenu sur la beauté et la mode avec une touche d’humour et d’audace, mais je partage également mes expériences en tant que femme trans.

Ayant vécu dans la clandestinité pendant plus de la moitié de ma vie par peur, par culpabilité, pour des raisons de sécurité et en raison d’une transphobie intériorisée, la Journée de la visibilité transgenre (TDOV) est importante parce qu’elle me permet de me sentir vue. En tant que groupe, les personnes trans ne sont pas un monolithe; nous sommes diverses et avons des expériences, des intérêts, des antécédents et des transitions différents.

Bien que la visibilité ne soit pas une condition pour que l’identité des personnes trans soit valide, le fait de voir des personnes trans vivre et s’épanouir normalise notre existence et notre identité. Bien que des progrès sociaux aient été réalisés dans l’acceptation des membres de la communauté queer, les personnes trans continuent de faire face à la stigmatisation, à la discrimination et à des obstacles dans tous les domaines de la vie.

Après mon coming out, rien ne m’avait préparée aux idées fausses et dangereuses auxquelles j’allais être confrontée. Je suis confrontée à des « mythes » sur les personnes trans dans mes rencontres quotidiennes et en ligne. Ces discours problématiques continuent de susciter la peur à l’égard des personnes trans et, par conséquent, d’affecter nos moyens de subsistance et notre capacité à exister confortablement dans différents espaces.

Le soutien commence par la sensibilisation et l’éducation, mais il implique également des mesures concrètes. Une fois que vous vous êtes informé sur ces idées fausses, la prochaine étape consiste à les dénoncer lorsque vous les voyez.

Ceci dit, démystifions quelques mythes!

Mythe 1 : Le sexe et le genre sont la même chose

Généralement, le sexe est assigné à la naissance en fonction des organes génitaux et des chromosomes perçus. De nombreuses personnes naissent également intersexuées et présentent des variations dans leurs paires de chromosomes. La biologie est complexe et nuancée, contrairement aux binaires qui nous sont souvent enseignés.

Le genre, d’autre part, est une construction sociale à multiples facettes basée sur l’identité de genre sociale, culturelle et profondément individuelle. Pour les personnes transgenres, le sexe assigné à la naissance ne correspond pas à leur sentiment interne d’identité et de genre.

Mythe 2 : Être trans est un « style de vie »

@justjamiepandit Reply to @mel.jayne Representation matters 🏳️‍⚧️ #fyp #fypシ #foryou #trans #transgenre #filletrans #fillecomme nous #lgbt #lgbtq #mariage ♬ original sound - Jamie Pandit

Être trans n’est pas un style de vie, de la même manière qu’être cisgenre n’est pas un style de vie. Cette idée fausse et dangereuse renforce la notion qu’être trans est un choix. En réalité, être trans vient d’une connaissance innée de qui vous êtes. Ce n’est pas comme choisir d’être végétalien ou de pratiquer une certaine religion.

Mythe 3 : Les femmes trans veulent ressembler aux femmes cisgenres

Les femmes trans, comme les femmes cisgenres, sont soumises à la pression générale d’adhérer aux normes de beauté eurocentriques. Il y a aussi une pression chez les femmes trans pour qu’elles « passent inaperçues », mais il n’y a pas une seule façon de « ressembler » à une femme — et cela s’applique à toutes les femmes. Les personnes trans veulent juste se sentir bien dans leur peau, ce qui est différent pour chaque individu.

Mythe 4 : Les femmes trans ne sont pas de « vraies » femmes

L’expérience de la féminité chez les femmes trans est souvent rejetée parce que nous n’avons pas de règles, d’utérus ou que nous ne donnons pas naissance. De nombreuses femmes cisgenres, cependant, n’ont pas non plus de règles, d’utérus ou la capacité (ou le désir) de donner naissance. Cela signifie-t-il qu’elles ne sont pas de vraies femmes? Non, car aucune de ces choses ne sont des qualificatifs de la féminité.

Les femmes cisgenres et les femmes transgenres ont des expériences différentes de la féminité, toutes valables et légitimes. Il en va de même, bien sûr, pour les hommes trans qui n’ont pas besoin de se soumettre aux notions traditionnelles de masculinité pour être des hommes.

Mythe 5 : Toutes les personnes trans subissent une transition chirurgicale

Alors que certaines personnes transgenres subissent des procédures médicales pour des raisons esthétiques, psychologiques et de santé — ou à des fins de transition —, de nombreuses personnes trans choisissent de ne pas subir de chirurgies d’affirmation de genre ou de thérapie hormonale.

Cela pourrait être dû à l’abordabilité, aux obstacles à l’accès aux soins d’affirmation de genre, ou simplement parce qu’elles ne le souhaitent pas. Il existe de nombreuses façons de vivre en tant que personne trans et d’exprimer son genre sans assistance médicale. Les gens sont plus que leurs organes génitaux, et être une personne trans transcende ce qui se trouve entre vos jambes.

Mythe 6 : Les personnes trans sont des trompeuses

@justjamiepandit Reply to @louisewatts12 He stayed because trans women ARE women #fyp #fypシ #foryou #trans #transgenre #transetfier #couple #amour ♬ Good Life - OneRepublic

Les personnes trans sont ce qu’elles disent être. Les personnes trans n’ont pas l’obligation morale de divulguer leur identité, à moins qu’elles ne le décident. Pensez-y de cette façon : les personnes cisgenres ont-elles le devoir de révéler leurs antécédents médicaux lors d’interactions sociales?

Plusieurs facteurs entrent également en jeu, comme la peur pour la sécurité personnelle — surtout si la personne trans vit dans la clandestinité et risque d’être démasquée.

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Tous ces mythes contribuent à la transphobie et continuent de mettre nos vies en danger par la désinformation et la fausse représentation. Une partie importante du soutien consiste à réfléchir de manière critique à ce que vous entendez et lisez, et à la façon dont vous abordez vos propres préjugés.

En tant qu’allié, vous pouvez utiliser votre voix pour dissiper les idées fausses et dangereuses et dénoncer les commentaires et les comportements transphobes.

Jamie Pandit est une créatrice de contenu et une activiste basée à Toronto.